Premier article sur ce blog... Pourquoi?
Je suis scientifique, pur produit du système académique français.
J'enseigne dans une des plus grandes universités scientifiques de ce pays, et je constate chaque jour l'emprise croissante, l'hégémonie, de la technoscience au détriment la science humaniste.
Qu'est-ce que la technoscience? Il s'agit d'un ensemble de techniques déployées à l'aveuglette par des apprentis sorciers, mus essentiellement par l'appat du gain mais aussi par la quête mesquine du prestige et du pouvoir académique. Je pense à la nucléocratie (ITER, EPR,...), aux OGM, aux nanotechnologies...
Ces axes de recherche qui accaparent une grande partie des budgets se caractérisent non pas par des découvertes mais par des promesses (guérisons des maladies, énergie propres, récoltes abondantes....) faites pour amadouer le grand public.
Nul besoin de préciser que ces promesses ne sont pas tenues.
Souvenez vous des miracles médicaux qui devaient découler du séquencage du génome humain!
En fait les labos se transforment en autant start-up, pour des recherches qui n'ont plus rien à voir avec la compréhension du monde.
Ni même avec la démarche scientifique, puisque nous verrons que ce sont en fait des principes obscurantistes qui les gouvernent.
Ces démarches antiscientifiques ne se contente pas d'envahir les labos, elles sont en train de polluer l'enseignement universitaire, à tel point que l'on peut se demander si des pans entiers de culture humaniste (botanique, mathématiques fondamentales, ...) ne sont pas menacés à court terme.
L'impact de la technoscience ne se limite bien sur pas à la sphère culturelle et intellectuelle.
A défaut de tenir ses promesses ses réalisations techniques n'en polluent pas moins notre quotidien. Alors que la science valorise les démarches modestes et l'économie de moyens, la technoscience se caractérise par ses réalisations arrogantes (par exemple G.W. Bush considère que le réchauffement climatique sera une opportunité pour l'industrie:il faudra construire des digues, raffiner les sables bitumeux, mettre au points des biocarburants a base d'OGM,....).
Les citoyens non-experts doivent se saisir au plus vite de ces enjeux.
Par ce blog je veux apporter ma contribution à cette prise de conscience.
Par Emmanuel Rébus
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Les avis sur le nucléaire sont bien souvent très tranchés.Grosso modo les écolo veulent sortir du nucléaire, en face on trouve des nucléocrates qui jurent que c'est le graal ultime contre l'effet de serre. Je viens de terminer la lecture du livre:
DE TCHERNOBYL EN TCHERNOBYLS
DE GEORGES CHARPAK, RICHARD L. GARWIN ET VENANCE JOURNÉ
(Odile Jacob)
On sait que Georges Charpak est plutôt de ceux qui jugent les craintes de écologistes irrationnelles.
En tant que scientifique, j'ai toujours été déçu des débats souvent caricaturaux sur ce sujet. Ce livre n'est pas un pamphlet. Il peut paraître touffu et vite rédigé par endroits, mais il possède beaucoup de qualités, même aux yeux d'un opposant au nucléaire comme moi.
Tout d'abord il rassemble en un seul document une masse de données qu'il est impératif d'avoir sous la main si l'on veut débattre, et que je n'ai pas trouvé ailleurs sous cette forme.
Ensuite les idées pro-nucléaire des auteurs sont très clairement distinguées des faits scientifiques bruts.
Notons enfin que ces auteurs sont très critiques sur l'organisation actuelle des l'industrie nucléaire.
Il ne s'agit vraiment pas d'un ouvrage idéologique.
Il s'agit de questions très subtiles qui ne se laissent pas facilement résumer (par exemple il y a de nombreux types de réacteurs, très dissemblables en ce qui concerne les risques et les déchets produits). Les auteurs sont de formation scientifique, et contrairement à de nombreux ouvrages de vulgarisation ils n'ont pas cherché à trop simplifier les chose (ce qui donne un résultat assez austère).
La lecture de cet ouvrage serait accessible (et profitable) à un homme politique sérieux.
Par Emmanuel Rébus
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Une exposition « scientifique » sur la fusion et le projet ITER vient de prendre fin à la bibliothèque de l'Ecole Polytechnique.
La fusion y était présentée comme « une source d'énergie propre pour le futur », sans aucune mention des réserves pourtant très importantes émises par plusieurs éminents physiciens français ou étrangers, dont plusieurs prix Nobel (E. Brézin, S. Balibar, G. Charpak, P.G. de Genes, M. Koshiba...).
Rappelons que la fusion est une très belle idée, mais que les obstacles qui restent à surmonter avant sa mise en oeuvre industrielle sont tels que selon le scénario le plus optimiste, il ne faut pas compter dessus avant 2050. Pour ce qui est de sa généralisation aux pays émergents gourmands en énergie,
c'est encore plus lointain. Or la remise en cause du modèle énergétique actuel est bien plus pressante.
Dès lors on peut se demander s'il ne vaudrait pas mieux investir les sommes gigantesques consacrées à ITER dans d'autres projets ayant de meilleures chances d'aboutir vite.
Cette exposition de pure propagande sortait manifestement des cartons d'une officine de communication de la communauté européenne. Elle est caractéristique de cette technoscience arrogante qui fait des promesses inconsidérées dans le but de gagner des budget publics.
Par Emmanuel Rébus
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1000 personnes dans les rues de Grenoble contre les nano-technologies.
L’inauguration de Minatec, centre de recherche mixte public-privé sur les nano-technologies , massivement financé par le contribuable, aura eu le mérite de mettre en lumière un phénomène original : une véritable prise de conscience par le grand public du mépris dans lequel ceux qui détiennent le savoir
En effet, maintenant que le centre de recherche est inauguré, le ministre demande une grande concertation nationale sur les éventuels risques que présentent ces technologies. Même sketch que pour le réacteur EPR, on consulte les citoyens qu'une fois les choix irréversibles effectués.
Que le groupuscule PMO (voir la liste des liens à coté) à l’origine de la contestation de Minatec ait tort ou non, la n’est plus la question. A l’échelle de la France (ou même du monde " libéral "), il faut remettre en cause la manière dont nous sont imposés ces choix technico-scientifiques.
En tant que membre de cette "élite" savante qui prétend agir pour votre bien, je peux vous confirmer que vous ne devez pas nous faire confiance! Le monde de la science n'échappe pas à la corruption induite par l'argent et les jeux de pouvoir... Ne vous laissez pas intimider par ceux qui vous veulent vous faire croire que la science est compliquée, hors d'atteinte, sacrée. Ce n'est pour eux qu'un moyen de conserver le pouvoir. Non, vous pouvez réellement vous faire une opinion sérieuse, quitte à travailler un peu. Les enjeux ont énormes, cela vaut le coup d'y consacrer du temps, croyez moi.
Par Emmanuel Rébus
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Il semble que l'on dispose de nombreuses techniques pour produire des carburants non fossiles.
Les fameux "bio-carburants" n'ont en fait rien de "bio". Il semble que la production d'alcool (selon le modèle brésilien) nécessite beaucoup d'intrans, de phytosanitaires, d'eau et... de carburant.
C'est pourtant une filière que le gouvernement veut développer en France.
Une autre option est l'utilisation des huiles végétales. Les vieux moteurs Diesel peuvent fonctionner à l'huile pressée par le paysan du coin, quitte à régler le moteur convenablement. Ils ont en fait été conçu pour cela par Rudolph Diesel! Les voitures modernes sont plus capricieuses, et ça tombe bien pour l'industrie agro-chimique, qui propose de fabriquer du "biodiesel", quitte à une fois de plus considérer l'agriculteur comme une simple agent producteur dans une filière industrielle.
Concernant tous ces procédés, il est très difficile de trouver des données sur le bilan total en terme de pollution. Et une fois de plus on oublie que, avant toute chose, il faut penser a réduire notre consommation!
Par Emmanuel Rébus
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